Quarantaine

Quarantaine

Je vous mets un texte écrit la semaine dernière après 2 jours de quarantaine ! A posteriori, je me suis fait avoir dans les grandes largeurs, les 15 jours de quarantaines s’étant depuis transformé en contrat à durée indéterminée, en huis clos qui plus est. Âmes sensibles s’abstenir, sous peine d’être choquée par les pensées pas très orthodoxes d’une mère au bord de la crise de nerfs.

Nous vivons actuellement une période bizarre à la maison. La mise en quarantaine forcée sur tout le département à cause du coronamachin. Oui, oui, celui-là même dont mon instinct maternel est tombé amoureux et à qui j’en veux. Je lui en veux encore plus depuis vendredi dernier, date à laquelle on nous a signifié manu militari comme ça, que les écoles et les crèches fermaient pour 15 très très longs jours minimum.

Mon instinct, de survie cette fois, a rué dans les brancards.

« Comment ? Mais vous êtes inconscients, vous voulez ma mort ??? Fermer les écoles et la crèche alors qu’on sort de deux semaines de vacances (ça dépend pour qui hein, celle des gnomes ne sont généralement pas les nôtres) Mais c’est de la folie ! On a besoin de repos nous ! Alors il faut, il est vital même que les 3 furies quittent la maison au moins le matin et l’après-midi. »

« Non ? C’est pas possible et non négociable ! Mais comment va-t-on faire nous ? On a mangé toute notre patience et notre énergie avec les vacances. Comment fallait y penser avant, être raisonnable et faire des réserves ? Mais ils en ont de bonnes ! Comment fait-on des réserves quand on vit déjà sur ses provisions ? Je ne suis pas un écureuil pourtant ! J’avais bien noté et mémorisé l’emplacement de ces dernières, mais les réserves sont à sec, vidée par deux mois de musée du microbe et quinze jours de vacances scolaires. »

« Un conseil ? Oui, j’écoute : restez calme et tout ira bien ! Mais il ne sert à rien votre conseil, il est pourri ! »

Voilà à peu près ce que j’ai ressenti quand vendredi dernier le ministre a annoncé que toutes les écoles et crèches fermaient pour 15 jours. Mon instinct maternel était soulagé, mais mon instinct de survie c’est mis à flipper grave. Il s’est énervé et m’a prédit beaucoup, beaucoup d’ennuis, de crise de nerfs et de cris (les miens aussi parfois malheureusement)

Et il avait raison ! La Diva procrastine en somatisant et s’imaginant des symptômes de coronavirus. Duracel est furax parce qu’elle veut aller à l’école faire des maths, du français et de l’allemand (mais vraiment cette enfant n’est pas normale). Quant à Décibel, elle est frustrée et donc hurle quasi non-stop (d’où son surnom et malheureusement cela ne date pas d’hier) parce qu’elle n’a pas maman pour elle toute seule les jours de non-crèche. En plus la météo aussi est contre moi, il pleut et je ne suis pas assez sadique ou désespérée pour les mettre sous la pluie et avoir la paix. Alors je subis et tente de faire l’école à la maison. Vous pouvez me croire, ça m’a vaccinée de toute volonté de le faire vraiment !

Cela ne fait que deux jours et j’ai déjà l’impression que cela dure depuis une éternité. Si j’ai réussi à gérer de main de maître (pour une fois) les vacances de février, là je ne maîtrise plus rien. Le désespoir a pris le dessus, je crois. Chaque soir, je fais le bilan généralement catastrophique de la journée et prends des résolutions positives et de bonnes volontés pour le lendemain. Résolutions qui partent aux oubliettes dès le petit-déjeuner lorsque je me retrouve à jongler entre les tartines à beurrer, les chiens à nourrir, tout en jouant le médiateur familial entre les différents protagonistes en présence. Je dois avouer que généralement Mister P ne m’aide pas beaucoup et jetterait plutôt de l’huile sur le feu. Je ne parle pas de profiter moi-même de mon petit déjeuner, je crois bien que cela ne m’est pas arrivé depuis au moins 3 ans. Pendant les vacances, j’arrivais à garder mon calme grâce à la promenade quotidienne qui suivait. Mais là pas de bol, le ciel est contre moi et la rend impossible, il tombe des cordes.

Je tente donc ensuite tant bien que mal de mettre au travail les deux grandes. La Diva décide de travailler dans sa chambre, je me méfie mais laisse faire dans l’espoir d’être agréablement surprise. Duracel est ravie et se jette sur ses exercices. En une heure elle fait ce qui était prévu pour deux jours, à mon grand désespoir. Il me faudra lui trouver d’autres ressources pour l’occuper et nourrir l’immense appétit de son cerveau. Je peux donc passer un peu de temps à faire des puzzles avec Décibel enchantée et pour une fois presque silencieuse. Jusqu’ici tout va bien, je me détends en peu.

Puis arrive le moment du contrôle de ce qu’a produit l’autonomie de La Diva. Bien sûr mes espoirs sont déçus, l’autonomie n’a rien produit et La Diva se transforme en drama queen (mais j’en ai maintenant l’habitude, cela ne m’impressionne plus) Je la renvoie se calmer dans sa chambre et tente de prépare le déjeuner. Autant vous dire que mes soucis de diversité et équilibre alimentaires sont loin, mais enfin l’instinct maternel prend le dessus quelques instants et ce sera donc haricots verts sauté à l’ail, pâtes et steak haché. Le déjeuner se passe plutôt bien, pas de cris, pas de nourriture qui atterrit par terre et chacun est autonome avec son assiette, ouf ! Décibel a de nouveau ses tendances végétariennes, mais bon je ne m’en soucis plus trop, je sais que ça lui passera d’ici deux jours.

Pour ceux qui se demande si une enfant de deux ans et demi peut être végétarienne, je dirais que oui. Décibel, depuis la diversification alimentaire, n’aime ni la viande, ni le poisson sauf si c’est du hareng mariné. (oui, c’est bizarre mais c’est comme ça depuis ses huit mois) J’ai donc mis en place une stratégie de planquage dans la soupe en mouliné pour éviter les carences quand vraiment elle refuse trop longtemps d’en manger. Il faut dire qu’elle a tendance régulièrement à ne vouloir se nourrir que de yaourts. Nous luttons contre, mais malheureusement parfois, ils constituent l’essentiel de ses repas.

Il est enfin temps pour Décibel d’aller à la sieste et c’est reparti pour une séance de crispation des tympans. Je pense que si je fini avec un sonotone, ce sera de sa faute. Puis rebelote, on repart pour une séance de travail. Cette fois-ci La Diva a compris qu’elle n’y échapperait pas et fait contre mauvaise fortune bon cœur. Elle travaille même bien et va vite. Non c’est du côté de Duracel que rien ne va plus, c’est à son tour de travailler en autonomie pendant une petite demi-heure mais cela ne lui convient pas. Non il faut qu’elle vienne interrompre les leçons de sa sœur pour vérifier qu’elle a bien fait le w ou le t en cursive. C’est franchement du foutage de gueule, elle sait très bien les écrire et sait que je le sais, mais la jalousie n’est pas raisonnable loin de là.

Au bout d’une heure, on inverse et ce qui devait arriver arriva, c’est La Diva qui ne sait plus conjuguer les verbes être et avoir. Duracel s’énerve, la drama queen est de retour et au final, elles se retrouvent toutes les deux punies… Elles ont réussi à réveiller Décibel.

Lessivée, à bout de patience, je stoppe là les leçons et leur demande de s’occuper toutes les trois seules, maman a besoin de s’isoler pour ne pas craquer. Bien sûr ça ne marche pas, disputes, cris, tapage de pied. Elles ont gagné, je craque et les laisse devant un dessin animé, le temps de tenter de recharger mon réservoir de patience. Les 3D partent ensuite jouer dans leurs chambres. Les heures passent lentement, beaucoup trop lentement à mon goût. Je ne pense qu’à ce moment béni ou Mister P va rentrer et où je pourrais les lui coller dans les pattes sans scrupules.

Le dîner que j’avais imaginé soupe maison, se transforme en « on mange les restes de midi et puis c’est tout ! ». Bien sûr, comme tous les soir, Décibel, fatiguée fini le repas en hurlant pour une raison ou pour une autre et est couchée par Mister P… je fini tout de même par intervenir, pour éviter une crise de nerf et une mauvaise nuit pour elle comme pour nous.

Me voilà, il est 21h, les 3D sont, si ce n’est endormies, du moins silencieuses et je m’affale dans le canapé. J’ai un sentiment d’immense reconnaissance pour les maîtresses de mes trois monstres, qui n’en ont pas trois mais parfois trente à gérer tous les jours. Et je me demande comment je vais faire pour tenir encore 12 jours si le coronavirus ne décide pas de jouer les prolongations.

Comment réussir à tenir un planning de devoirs adapté à chacune ? comment réussir à dépenser leur énergie sans trop sortir (oui, il est prévu qu’il pleuve tous les jours d’après Météo France et de toute façon, il nous ai demandé de s’aérer avec parcimonie) ? Comment moi, tenir dans cette ambiance sans finir en maison de repos où à l’asile ?

Et si la Suisse ferme ses frontières, ce sera pire ! Mister P sera en télétravail et passera son temps à jeter de l’huile sur le feu ! Oui, il n’a pas encore intégré le principe de « on se concentre sur le principal et on laisse tomber tout le reste » Il veut que tout soit intégré chez les enfants. Parfois j’ai l’impression qu’il pense que ce sont des adultes en miniatures, matures par l’esprit mais qui bizarrement n’aurait pas fini leur croissance osseuse. Je sais, il s’illusionne, mais même après huit ans d’expérimentation, il y croit encore dur comme fer ! Alors forcément, ça fait des étincelles, les 3D étant tout sauf à maturité émotionnellement.

On m’avait dit que la quarantaine ne serait pas facile à vivre, et bien force m’est de constater que c’est vrai ! Il est temps pour moi de vous laisser et d’aller recharger mes batteries avant d’affronter un nouveau jour sans fin.

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