Révolte !

Révolte !

Nous en sommes à deux semaines et demie de confinement chez nous. En effet, dans notre département, tout a commencé plus d’une semaine avant le reste de la France. Force m’est de constater que la populace de la maison se révolte.

Elle ne comprend pas pourquoi, elle ne peut pas profiter de la vie et doit se contraindre à travailler, travailler et encore travailler chaque jour. Elle se plaint de ses conditions de travail. Comme quoi, son environnement serait encombré. Qu’elle n’aurait pas le matériel nécessaire pour effectuer son travail, ni assez d’espace et que ses relations sociales seraient réduites à néant. Bref, la révolte a sonné et la présidence a pris cher.

Des négociations ont été lancées, sans gros succès pour le moment. La présidence a fait remarquer que le manque de matériel n’était pas de sa volonté mais la populace s’en moque. Elle a rebondi en soulignant tous les efforts faits pour le bien-être du peuple, mais celui-ci n’en a cure. Il veut retrouver ses conditions de travail précédentes et n’en démord pas. La présidence a viré à la dictature et a fini par dire

« C’est comme ça et pis c’est tout »

Vous vous doutez bien que la populace ne s’est pas du tout, mais pas du tout contenté de cette réponse. Elle a fomenté une révolution et s’est mise en grève généralisée avec manif, lancé de livres, de jouets et d’objets en tout genre. Tout a ensuite dégénéré et ce qui aurait dû être résolu avec diplomatie et calme, s’est transformé en guerre de tranchées avec prise d’otage et chantage.

Le galopin de la révolte

La présidence a en effet menacé de la laisser se débrouiller toute seule et d’aller se confiner tranquille ailleurs. La populace a répliqué en criant et en jetant tout ce qui se trouvait sur son passage. Et, au paroxysme de la crise, la présidence a bien failli se retrouver ligotée et pendue à la rambarde de la mezzanine avec le peuple juste en dessous dansant, muni de galopins hennissant de fureur en guise de lance.

Afin de calmer le jeu et surtout pour ne pas en arriver à la situation décrite ci-dessus, la présidence a abdiqué et offert à la populace des vacances au bout de la rue pour aller voir des chèvres, et tout est revenu à la normale ou presque. Désormais, nous avons un nouveau slogan à la maison :

« Vive les chèvres »

Voilà à peu près le résumé de l’ambiance depuis 2 jours chez nous. Est-il besoin de préciser que la présidence c’est moi et la populace les 3 D ? Non je ne crois pas. J’avais pourtant commencé la semaine pleine de bonnes résolutions et avec la « positive attitude ». Ça n’a duré que le temps du petit déjeuner lundi.

S’en est suivi deux journées d’enfer, de crises de nerf en série, de négociations et de menaces en tout genre. Tout ça parce que les maîtresses on pris le rythme et ont décidé de corser un peu la charge de leçons et de devoirs. On avait trouvé un rythme agréable, pas trop chargé, avec pas mal de temps passé dehors (merci la météo) à faire des plantations, à observer les insectes et la nature qui se réveille. Les leçons étaient faites en maximum 2h par jours, laissant le reste du temps pour jouer et apprendre autrement, voir prendre de l’avance sur le programme et gérer l’intendance.

Tout cela fut remis en cause avec l’arrivée des mails des maîtresses et la liste longue comme le bras des exercices à faire. L’apothéose fut atteinte pour Duracell avec la poésie à recopier, illustrer et à apprendre le tout en 4 jours alors qu’elle est en CP. Ce fut trop pour elle, elle adore apprendre, mais l’écriture non, dès qu’il faut écrire, ce sont des négociations sans fin, qui finissent généralement en crise pour elle et pour moi. Bref, 4 heures de négociations tendues plus tard, j’avais dans les mains un torchon illustré au bic et la moitié de la récitation ânonnée péniblement. Et il faudra envoyer une vidéo de la récitation vendredi avec le scan de la poésie. La maîtresse va adorer le torchon quant à la vidéo je pense qu’on s’en passera. Moi aussi je suis en rébellion… contre les maîtresses.

Ma maison ne ressemble plus à rien, les lessives s’entassent, les jouets poussent partout et on se nourrit de sandwich. Ils sont certes plutôt équilibrés à base de salade, tomate et concombre mais ça reste des sandwichs. Nous ne sommes pourtant pas en pénurie d’ingrédients sympathique pour faire de bons repas équilibrés et sains. Mais de temps pour cuisiner, nous n’en avons plus depuis que la continuité pédagogique est devenue folle et a décidé de nous faire crouler sous les devoirs. La seule chose qu’il me reste par la contrainte, c’est la pâtisserie ! Car s’il n’y a plus de goûter les 3 D vont organiser un coup d’état ! C’est garanti.  

Pot de vin !

La règle du « pas d’écran » est morte après 3 jours de confinement. Car malheureusement, les journées sont longues et c’est la seule marge de négociation qu’il nous reste. Les

« Tu fais tes exercices et après je vous mets un épisode de c’est toujours pas sorcier ou de Mouk ou de Simon ou encore des Pyjamasques »

sont devenus notre pain quotidien. C’est avec ça qu’on peut espérer pouvoir télé-travailler pour Mister P ou lancer une lessive pour moi. Histoire qu’on puisse se mettre quelque chose sur le dos, même si comme on ne sort pas, ça n’aurait pas grande importance si on se baladait à poil.

J’ajoute que j’ai mal partout, oui, prise dans un élan de folie positive, j’ai décidé de proposer aux enfants de faire de la gym tous les matins en mettant une émission en replay (faut pas abuser, on va se lever à 5h30 pour faire de la gym à 6h alors qu’on n’est pas contraint par des horaires extérieurs). La Diva rechigne, « Mais ça fait mal et s’est fatiguant », mais Duracell adore. Cela fait donc 3 jours que je fais une demi-heure de cuisses abdos fessiers et autre

toutouyoutou

dans mon salon tous les matins et j’en souffre ! J’ai découvert que j’avais encore des abdos. Moi qui pensais qu’ils s’étaient fait la malle après ma troisième grossesse. Préférant ne pas revenir, l’herbe étant sans doute plus verte et moins grasse ailleurs. Mais non, ils étaient juste en hibernation longue durée. Et croyez-moi, ils n’ont pas du tout apprécié d’être réveillés par la force et me le font, eux aussi payer très cher.

J’avais lancé un nouveau projet en 2020, afin de me donner une bouffé d’oxygène :

Le BLOG de mon chien, Paillette !

Oui je sais, j’ai décidé il y a très très longtemps vers l’âge de 5 ans que le ridicule ne me tuerait pas. Alors laisser mon chien écrire un BLOG, c’est juste la normalité chez moi. En plus, comme elle avait déjà fondé un syndicat sur un groupe facebook, autant la laisser aller jusqu’au bout de son délire et en profiter pour moi aussi m’exprimer. Mais voilà, avec le confinement et surtout surtout, avec l’école à la maison, plus le temps de s’occuper des désidératas ou des énervements de demoiselle Paillette. Mon projet est en souffrance. Pas le temps de coudre, ou de savonner non plus.

Positiver durant le confinement qu’ils disaient, profitez-en pour faire quelque chose de constructif et rénover votre vie qu’ils disaient. Tu parles ! Je ne suis pas une maison, et je n’ai pas fait non plus d’études d’architecture. Sincèrement, si on survit au virus et au confinement imposé dans la promiscuité, on pourra s’estimer chanceux.  

2 réflexions sur “Révolte !

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