Gratitude !

Gratitude !

Cette semaine, je ne sais qu’écrire. C’est vrai, il y a tellement de choses que je voudrais dire, que je ne sais que choisir. Les pensées se bousculent dans ma tête et dans mon cœur. Cela me taraude, m’empêche de dormir.

Je pense à mes copines des parents d’élèves, si courageuses qui se battent pour que la communauté puisse vivre. Je veux leur dire merci. Dire à leurs enfants qu’ils n’ont pas à avoir peurs. Que leurs mamans vont aller bien et rester en bonne santé. Que la fréquentation quotidienne de ce virus sera sans conséquence pour elles.

Ce sont mes héroïnes à moi, des supers mamans qui déchirent. Qui chaussent leurs chaussettes de super héroïne tous les jours. Qui s’occupent de leur enfant le jour pour aller travailler à l’hôpital la nuit. Qui testent parfois toute la journée ce fichu virus. Qui lancent des essais cliniques pour créer les médicaments de demain. Qui nous approvisionnent aussi. Des mamans pour qui, il est difficile de laisser la pandémie à l’extérieur une fois passé la porte de leur domicile. Pour qui, un sas de décontamination physique et mentale serait nécessaire, avant de rentrer dans la sphère familiale. Pour laisser dehors le virus, mais aussi tout ce qu’elles ont vécu à le combattre. Ces sas n’existent pas ! Alors, elles soufflent un bon coup, affichent leur plus beau sourire et franchissent le pas de la porte en faisant comme si. Comme si de rien n’était, comme si le virus n’était pas là. Comme si elles revenaient du monde merveilleux des bisounours et avaient passé une superbe journée, ou une superbe nuit à chanter et danser parmi les papillons, au lieu d’avoir fréquenté, impuissante, l’horreur et le désespoir.

J’ai envie de dire aussi à tous ces messieurs qui se laissent vivre comme dans les années 50, s’enferment dans leur bureau pour n’en sortir qu’au moment des repas et demander :

« qu’est-ce qu’on mange ? »

Qu’ils devraient se dépêcher d’atterrir, de changer de comportement. Sinon la fin du confinement risque fort de rimer pour eux, avec demande de divorce. Qu’ils fassent vite une formation accélérée pour devenir des hommes et des pères du 21ème siècle. J’ai envie de dire à leurs femmes :

« mais bon sens, ne leurs laissez pas le choix ! »

Obligez-les à se bouger les fesses et à participer aux tâches ménagères. Car cette maison, ce jardin, c’est l’endroit où ils vivent. Donc ils n’ont pas à aider, mais à prendre soin de cet endroit, parce qu’ils y habitent tout simplement. Parce qu’ils apprécient que ça reste propre, de manger de bonnes choses, et d’avoir des slips et des chaussettes immaculés à enfiler.

Du coup j’ai aussi envie de dire à toutes les mamans de garçons : 

« Pitié ! Vos petits garçons sont les hommes de demain. »

Alors essayez d’en faire des hommes bien et éduquez-les dès maintenant à l’égalité des sexes. En leur apprenant à cuisiner, nettoyer, laver, astiquer, coudre, repasser. Mais aussi à être empathique, laissez-leur le droit de montrer leurs faiblesses. Apprenez-leur que pleurer n’est pas interdit ou réservé aux filles. Rendez service à l’humanité et surtout à la partie féminine de cette dernière, en en faisant des hommes bons, équilibrés et conscients qu’ils ne représentent qu’une partie du monde et non pas son tout.

Aujourd’hui, j’ai aussi envie de dire que c’est chouette le confinement. Que, si nous ne sommes pas touchés par la maladie, il représente une occasion unique de vivre vraiment, ensemble, en famille. Occasion que nous n’aurons plus jamais, de profiter de nos enfants, de les voir grandir autrement. Certes, il n’est pas facile parfois, de supporter l’enfermement et la promiscuité. Certaines tâches comme les leçons nécessitent d’intenses négociations et aussi des remises en question, sur ce qu’il est important, nécessaire ou essentiel d’apprendre. De faire du jardinage lorsqu’on a un jardin, de faire beaucoup, beaucoup de jeux en famille, de la pâtisserie, du rangement, de prendre le temps tout simplement de vivre, de les voir grandir, de s’aimer, d’accepter les défauts des autres et aussi les siens propres. C’est aussi le temps de s’essayer à de nouvelles choses, même si parfois ce n’est pas évident et que ça fait mal (mes abdos ne diront pas le contraire).

C’est surtout le temps de prendre son temps justement. De redécouvrir les bienfaits de l’ennui. C’est une occasion unique de voir vraiment tout ce qui nous entoure. De redevenir enfant, un peu, d’observer la course des nuages, de laisser notre imagination créer des formes, des animaux.

D’observer la nature jaillir de terre et renaître. Car oui, c’est le printemps ! Et de s’en émerveiller. De faire pousser des fleurs, de planter des semis. D’attendre que ça pousse, de se désespérer de ne rien voir venir et puis, un jour, découvrir une petite feuille sortie de terre. Fragile, mais aussi si forte. De chercher des insectes ou de se chauffer au le soleil tout simplement.

Car oui, c’est le printemps ! Et cette fois, on peut vraiment profiter des magnolias en fleur, des forsythias et des jonquilles qui, comme des petits soleils parsèment nos jardins.

Prendre le temps de célébrer avec la nature cette renaissance éternelle. Et rien que ça, c’est le signe d’un immense espoir. Cela nous rappelle que le cycle de la vie se fiche des épidémies, des catastrophes et de la vie économique. Le cycle de la vie est éternel. Il existait avant nous et continuera après nous. La pandémie passera et la vie reprendra, après-demain ou un peu plus tard, mais elle reprendra. Les écoles rouvriront, les parisiens rentreront et les usines relanceront leur production comme si de rien n’était ou presque.

Espérons juste que tout le monde aura appris un peu, de ce temps dans les confins de soi-même et de sa famille. Oui, espérons qu’avant de se perdre à l’extérieur, nous n’oublierons pas ce que nous avons gagné à l’intérieur. Ce trésor précieux, qu’est notre âme. Ces découvertes ou redécouvertes que nous aurons faites en ce temps de confinement forcé. Alors peut-être que de temps en temps, au milieu de la foule et de sa cacophonie, nous nous retirerons en nous-même, pour nous souvenir que les contraintes du monde ne sont que des barrières que nous nous imposons. Et que parfois, il est bon de sauter par-dessus pour profiter de ce que nous offre la nature et la vie. De franchir le cap pour découvrir le champ des possibles. D’aller s’y perdre un peu, d’y faire une pause, de l’explorer, d’imaginer une autre réalité et de se dire :

« et si … »

Le confinement, c’est un temps qui, s’il nous semble difficile aujourd’hui, nous rendra nostalgique demain.

3 réflexions sur “Gratitude !

  1. J’aime vraiment bien ce regard plein de sagesse sur le confinement mais nous les hommes nous pourrions dire beaucoup de chose aussi sur les femmes mais comme on les aime nous nous contentons de les regarder comme l’avenir de l’humanité en nous efforçant de les rendre heureuse avec nos qualités et nos défauts, ce tout qui rend chacun de nous riches de vie de sens et d’amour.

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